Lexus GS 450h: berline hybride-sport-luxueuse…

Par Bob English
La marque de luxe de Toyota propulse sa technologie de pointe hybride essence-électricité vers de nouveaux territoires en lançant la première berline de luxe à rouage hybride avec de vraies ambitions sportives.

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L’arrivée de la Lexus GS 450h 2007 marque une étape importante dans la progression des véhicules à groupe propulseur hybride essence-électricité: de projets pour amateurs de sciences, conçus exclusivement pour réduire nos excès de consommation d’essence, on passe aux voitures de luxe et de performance.
Personne ne sauvera la planète en conduisant une GS 450h mais, au moins, ceux qui le feront pourront affirmer qu’ils affectent moins le tissu écologique qu’avec d’autres voitures de dimensions et de performances semblables.
Toyota et sa marque de luxe Lexus ont hissé bien haut la bannière hybride au cours des dernières années, adoptant une approche aussi pragmatique que possible face aux contraintes de conditionnement pour créer des véhicules qui soient à la fois pratiques au quotidien et sans supplément excessif au prix d’achat.
Prolongement de la portée des hybrides
Et les véhicules à motorisation hybride ont un impact. Avec plus d’un demi-million de véhicules en circulation et tous ceux à venir – les prévisions de ventes annuelles de Toyota/Lexus sont d’un million de véhicules d’ici 2010 – il y a bien une petite économie de carburant mais, surtout, on incite les automobilistes à envisager des alternatives pour leurs besoins en transport.

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Le premier véhicule de série sérieux – au succès étonnant – conçu spécifiquement pour une consommation réduite était la petite berline Prius. Une version hybride de la très populaire Camry vient d’être lancée par Toyota. Mais on a également vu les Highlander Hybrid et Lexus RX 400h, deux VTU dont les avantages sont non seulement une consommation réduite mais aussi des performances comparables à celles de leurs congénères à moteur conventionnel et plus gourmands.
Avec la Lexus GS 450h, l’approche orientée vers la performance atteint pour la première fois la catégorie des berlines de luxe.
Performances et réduction de consommation sérieuses…
La GS 450h est non seulement une berline sport de taille moyenne moins polluante mais c’est aussi une voiture superbement équipée et capable de transporter cinq personnes. Et avec 339 chevaux sous l’accélérateur, elle atteint les 100 km/h en moins de six secondes et une vitesse maximale artificiellement limitée à 215 km/h.

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En fait, lors de nos propres mesures électroniques (voir plus bas), la GS 450h a effectué l’accélération de zéro à 100 km/h à la moyenne pondérée de 5,84 secondes. Le quart de mille est avalé en 14,24 secondes seulement, avec une pointe de vitesse de 167,4 km/h.
Pourtant, elle aurait une consommation exemplaire de 8,7 L/100km en circuit urbain et 7,8 L/100km en circuit routier. Ces “circuits” sont des simulations qui ne reflètent pas nécessairement la consommation en usage normal mais constituent tout de même une base de comparaison. Selon Lexus, la réduction de consommation après 250 000 km de la GS 450h permettrait de réduire de 17 tonnes les émanations de gaz carbonique par rapport à un véhicule conventionnel à moteur V8.

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Les inconvénients? En comparaison avec la Lexus GS 430 à moteur à essence, la GS 450h (76 900 $) coûte environ 2000 $ de plus, pèse 140 kg de plus et offre un coffre beaucoup moins volumineux à cause de la batterie d’accumulateurs qui s’y trouve blottie, et elle est plus complexe, bien entendu. Ce dernier inconvénient pourrait s’avérer négligeable étant donnée la fiabilité éprouvée des Lexus.
La GS 430 à moteur conventionnel dispose d’un V8 de 4,2 litres et 300 chevaux, ce qui n’a pratiquement aucun effet sur les performances, puisqu’elle est à peine plus légère.
En fait, la concurrence la plus féroce à l’intérieur du clan Lexus viendra de la toute nouvelle GS 350 2007. Équipée d’un V6 de 3,5 litres à puissance affichée de 303 chevaux, une GS 350 AWD que nous avons récemment essayée atteignait les 100 km/h en 6 secondes exactement et couvrait le quart de mille en 14,15 secondes, avec une vitesse de 161,4 km/h en bout de piste. Malgré son rouage intégral optionnel et les 120 kg de surcharge qu’il ajoute, elle coûte seulement 65 250 $.

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La consommation officielle de la GS 430 est de 12,7 L/100 km en circuit urbain et de 8,5 L/100 km en circuit routier, ce qui est considérablement plus que la GS 450h. Cependant, pour la personne capable de s’offrir de tels véhicules, cette différence a seulement l’importance qu’elle veut bien lui accorder. En dollars sur une base annuelle, la différence sera négligeable. Mais, l’importance d’être perçue comme personne soucieuse de l’environnement et faisant sa part peut valoir beaucoup, surtout sans pénalité sur le confort, les performances ou le prestige.
Mentionnons que les données de consommation officielles de la GS 350 AWD sont respectivement de 11,6 et 8,0 litres aux 100 km en circuits urbain et routier.
Un penchant sport
Comme nous l’avons mentionné plus tôt, la GS 450h est le second véhicule Lexus à utiliser la technologie hybride; le premier était le VTU de luxe Lexus RX 400h, lancé l’an dernier. Tous deux auraient surtout pour but de tâter le pouls du marché et Lexus ne s’attend à en vendre que quelques milliers.

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La GS 450h est une adaptation de la troisième génération de la série GS de Lexus, lancée avec le modèle 2006 de la GS 300 à moteur six cylindres (maintenant remplacée par la GS 350) et la GS 430 à moteur V8. Dès son lancement de la série GS au début des années 90, Lexus a essayé de donner une saveur sport européenne aux berlines intermédiaires de sa gamme. Cette décision s’est avérée un succès et les deux premières génération de GS étaient des véhicules compétents aux belles lignes, qui penchaient peut-être davantage vers le luxe à la Lexus que vers le sport à l’européenne.
La GS 450h affiche des lignes élégantes, avec une carrosserie à la fois originale et attrayante ressemblant un peu à un coupé. Et on n’a pas lésiné sur l’équipement dans l’habitacle, ni sur l’ambiance délicieuse procurée par la sellerie en cuir et les garnitures en bois. Parmi les caractéristiques intéressantes, on trouve un système audio Mark Levinson à 14 haut-parleurs et un système de navigation à lecteur DVD, une clé “intelligente”, une caméra arrière pour l’aide au stationnement et un store arrière électrique. Malheureusement, le volume du coffre a diminué, passant des 360 litres de la GS 430 à 226 litres à peine.
Les sièges sont fermes et maintiennent bien tandis que la plupart des contrôles sont faciles à régler, sur l’écran tactile. Le niveau de bruit est également bas à vitesse de croisière. Les caractéristiques de sécurité passive incluent des coussins gonflables avant, aux genoux, latéraux et en rideaux. Et pour éviter les situations fâcheuses dès le départ, vous profitez de phares avant orientables/adaptatifs, de freins ABS et d’un système de gestion qui inclut: antidérapage, antipatinage et assistance au démarrage en pente.
Caractéristiques uniques à cette ‘hybride’

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Un compte-tours est sans doute la seule chose qu’elle n’a pas. À la place, on trouve un grand cadran qui y ressemble mais indique plutôt l’énergie produite par le groupe propulseur, en kilowatts. Cette information est absolument inutile pour la conduite mais sert sans doute à rappeler que vous êtes au volant d’un véhicule différent. Il y a également une représentation graphique complexe de la façon dont l’énergie est utilisée et générée,
Le moteur de la GS 450h s’éteint à l’arrêt et c’est le moteur électrique que relance la voiture lorsqu’elle repart; c’est ce qui justifie l’appellation “full hybrid” utilisée par Lexus. Le V6 redémarre vite dans la plupart des cas, cependant, et contribue à recharger la batterie, au besoin. L’énergie du freinage est également utilisée pour recharger la batterie. Lorsque la puissance maximale est requise, les deux moteurs participent simultanément à l’effort. Le moteur à essence peut s’éteindre lorsque la demande en puissance est faible ou en descendant une côte avec peu d’accélération.
Je ne me lancerai pas dans une tirade technique, même si j’en étais capable, ce serait trop complexe. Pour commencer, la GS 450h dispose à l’avant d’un V6 à DACT de 3,5 litres dont la puissance est donnée à 292 chevaux à 6400 tr/min et le couple à 267 lb/pi à 4800 tr/min.

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Ce moteur conventionnel est couplé à un moteur électrique par le biais d’une transmission à deux paliers de démultiplication. Ce dernier produit l’équivalent de 197 chevaux entre 5615 et 13 000 tr/min (il n’y aurait aucun moyen d’établir de comparaison directe, selon Lexus). Il y a également une moteur-générateur qui remplace le démarreur et recharge la batterie au nickel hybride de 288 volts. Une électronique complexe gère le tout.
Les données de puissance sont encore plus confuse parce qu’il n’est pas possible, tout simplement, d’additionner la puissance des deux moteurs – ce qui donnerait un total de 489 chevaux – à cause de la manière dont ils interagissent. À eux deux, ils seraient capable de fournir une puissance totale équivalente à 339 chevaux aux roues arrière, selon Lexus. Cette puissance parvient aux roues par le biais d’une transmission à variation continue (CVT) pilotée électroniquement mais offrant aussi un mode manuel séquentiel (à six rapports)
En conduite

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Avec un poids total en état de fonctionnement approchant les 1900 kg, la GS 450h a une masse imposante. Cependant, grâce au couple important du moteur électrique et au puissant V6, elle démarre avec élan et enthousiasme jusqu’à sa vitesse de croisière. Si vous faites ça trop souvent, vous viderez la batterie et réduirez la performance disponible. Il en va de même pour les reprises à moyen régime: l’accélération de 80 à 120 km/h ne prend que 4,5 secondes. En conduite normale, il semble toujours y avoir assez d’énergie électrique pour contribuer à l’accélération.
Sur la route, la voiture est d’une douceur exemplaire et donne une impression de parfait contrôle dans toutes les situations; c’est un plaisir de la conduire. Et, comme j’ai pu le vérifier sur un circuit, la GS 450h s’avère très compétente lorsqu’on la pousse jusqu’à ses limites, bien qu’elle ne soit pas aussi distrayante à conduire que certaines de ses concurrentes européennes. Je n’ai parcouru que quelques tours du circuit, avec tous les systèmes de gestion électroniques en fonction, et j’ai trouvé qu’elle ne procurait pas cette sensation de contact direct avec la route qui semble incluse dès la naissance aux meilleures berlines européennes. L’électronique semble intervenir un peu tôt également.
Le verdict
Il ne fait pas de doute que la GS 450h soit une automobile intéressante mais seul le temps nous dira si l’approche hybride était la bonne. J’ai toujours de la difficulté à accepter l’augmentation de poids de 140 kg pour réduire la consommation, par exemple; même si l’approche semble fonctionner
Et je ne suis pas convaincu, malgré ce qu’en disent les experts de ces fabricants, que des voitures aussi complexes ne seront pas coûteuses d’entretien à plus long terme. Étant un peu vieux jeu à cet égard, je perçois l’électronique en général (son coût de remplacement en cas de défaillance) comme une nouvelle forme de corrosion, le principal facteur qui déterminera la fin du cycle utile d’un véhicule, qu’elle soit prématurée ou non.
SOMMAIRE DE L’ESSAI

Voici les points saillants et la note d’appréciation globale de ce nouveau modèle, tel qu’établis par notre journaliste:
Note globale: 7,0 / 10
Pour
- Habitacle carrément tout bonnement sybaritique
- Contrôles électroniques d’utilisation facile
- Apporte la technologie hybride dans un nouveau segment de marché
Contre
- Coffre de volume réduit
- Augmentation de poids de 140 kg
- Risque de fiabilité et de coût à long terme
Lexus GS 450h 2007