
 Le constructeur allemand BMW offrira bientôt des voitures à moteur diesel au Canada et aux États-Unis

Une BMW Diesel surprendra peut-être les Nord-Américains, pour qui diesel est synonyme d’économie de carburant et BMW de voitures performentes. Mais pas les Européens, qui en voient à tous les jours. Le premier modèle à moteur diesel a été produit par BMW en 1983 et cette 524td a immédiatement connu du succès: c’était la voiture diesel la plus rapide de son époque.
Plus de BMW à moteur diesel qu’à essence
Aujourd’hui, les deux tiers des BMW vendues en Europe sont des diesels, et ce sont généralement les plus rapides et les plus frugales parmi les diesels semblables. La BMW la plus vendue est la 320d, à moteur quatre cylindres, consommant 4,8 L/100 km sur le cycle européen. Votre Yaris ressemble soudain à une gloutonne, non?

BMW - Cliquez pour voir la galerie entière (photo: BMW)
Mais BMW n’ignore pas que pour séduire les Nord-Américains avec des diesels, elle ne devra reculer devant rien. Pas de diesels lents, ni bruyants, ni malodorants non plus. Et c’est pourquoi je me trouve au volant de cette BMW 335d à 260 km/h pendant que mon copilote prend des photos du compteur.
Voilà le moteur qui lancera le diesel chez BMW en Amérique du Nord, l’été prochain. Et quel moteur! Trois litres, six cylindres, 24 soupapes, deux turbos à géométrie variable, deux arbres à cames. Il est vrai que sa puissance (286 chevaux DIN) est inférieure de 20 chevaux à celle de la 335i à essence. Mais le moteur bi-turbo de 3,0 litres à essence produit sa puissance maximale à 5800 tr/min tandis que le diesel l’atteint sans peine à 4400 tr/min.
Prenons maintenant le couple: celui de la “i” est impressionnant déjà à 300 lb-pi… mais la “d” en produit 427 lb-pi! Oui, le diesel a un son différent de celui, suprêmement raffiné, du moteur à essence, mais la différence est une question de qualité, pas de volume.
Séries 5, 3 et X
BMW n’a pas encore annoncé quels modèles diesels traverseront l’Atlantique mais je suis prêt à parier sur les séries 5 et 3, plus le X5 et peut-être le X3. On a moins de chances de voir la 635d, même si BMW en avait apporté une, ne serait-ce que pour souligner les capacités de ses moteurs diesels.

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Quelle que soit la carrosserie qui l’abritera, le moteur diesel sera uniquement jumelé à une boîte de vitesses automatique à six rapports. Vous auriez préféré une manuelle? Pour l’économie d’essence, peut-être. Mais pour la conduite, les manuelles sont plus gratifiantes lorsqu’elles sont couplées à des moteurs pointus qui doivent tourner à haut régime. Avec autant de puissance disponible à moins de 4000 tr/min et une zone rouge à 5000 tr/min, la cause de la manuelle est plus difficile à défendre.
En fait, le couple du diesel est si énorme que six rapports, automatiques ou non, semblent superflus. Des reprises puissantes semblent disponibles quel que soit le rapport enclenché.
Selon BMW, l’accélération de zéro à 100 km/h est de 6,1 secondes pour la 335 d. C’est plus lent de 0,2 seconde que la 335i automatique. La berline 535d est à peine un peu plus lente à 6,4 secondes. Dans le X5, le diesel bi-turbo est bon pour une accélération de zéro à 100 km/h en 7 secondes.
Rapide mais frugale aussi
Nous savons maintenant que ces diesels sont sérieusement rapides, mais qu’en est-il de leur raison d’être, la frugalité? Selon les cotes européennes, la consommation mixte ville-route serait de 6,7 L/100 km pour la 335d et de 8,2 L/100 km pour le X5. Après 300 km au volant de notre 335d, notre ordinateur de bord affichait une moyenne de 8,6 L/100 km, et ce périple incluait de nombreuses sections à plus de 200 km/h, dont plusieurs pointes au-delà de 240 km/h.

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Une 535d Touring, conduite avec plus de modération mais avec beaucoup d’arrêts dans la circulation, affichait une consommation de 8 L/100 km.
Voilà pour ce qui est des qualités assez évidentes du diesel, mais pourquoi le lancer maintenant en Amérique du Nord? Une partie de la réponse se trouve dans l’escalade du prix de l’essence et dans les inquiétudes sur le réchauffement planétaire: même les Américains commencent à se faire à l’idée que consommer moins de pétrole est une bonne chose.
BMW n’est pas seul sur cette piste. Mercedes-Benz vend déjà quatre modèles à moteur diesel sur notre continent. Audi lancera des modèles diesels en Amérique du Nord l’an prochain et Volkswagen commercialisera à nouveau le diesel après une interruption de deux ans.
Parmi les plus propres
Et c’est bien comme ça, parce que c’est maintenant possible. Les constructeurs allemands ont maîtrisé la technologie permettant au diesel de se conformer aux normes antipollution de 2009, les plus sévères jamais exigées dans les 50 états des États-Unis et au Canada.
Deux technologies cruciales ont permis cette conformité: un filtre sans entretien, qui capte les particules et les brûle à intervalles réguliers, pour se purger; et aussi un additif, injecté dans le flot d’échappement, qui réduit grandement l’oxyde d’azote avec le concours d’un catalyseur particulier, le SRC (pour Selective Catalytic Reduction).
Cet additif - que Mercedes-Benz a baptisé AdBlue - est une solution d’urée dans de l’eau. Elle est transportée dans son propre réservoir de 25 litres. Selon BMW, il faut le remplir à chaque vidange d’huile, c’est-à -dire à tous les 20 000 km ou plus.
Qu’est-ce que l’urée et d’où vient-elle?
Eh oui, l’urée se trouve naturellement dans l’urine. L’urée synthétique est fabriquée à partir d’ammoniaque et de bioxyde de carbone, et largement utilisée en agriculture. Selon le gourou du diesel chez BMW, Dr Fritz Steinparzer, si tous les véhicules diesels du monde utilisaient le AdBlue, ils ne consommeraient encore que près de 1 % de la production actuelle d’urée.
On peut quand même se demander quelle quantité de gaz à effet de serre (GES) est générée par la fabrication et la distribution d’urée, minimisant les réductions de GES attribuables aux diesels, simplement pour respecter les nouvelles normes limitant l’oxyde d’azote - qui sont sans doute plus sévères que nécessaire.
Nous laisserons les politiciens répondre à cette question. En attendant, une fois que les Nord-Américains auront pris le volant des modèles diesels de BMW, ils changeront d’idée sur les diesels - et vite à part ça.
BMW Diesel